P1140901L'orage approche, les couleurs s'estompent.

A l'intérieur, la chaleur est un confort, le corps ralentit, les murs sont un rempart et cela pourrait suffire.  

Mais le léger martèlement invite au voyage.

Il est comme une multitude de tambours qui à l'unisson changent de rythme, déploient leur vibration unique comme une nappe liquide qui s'étend de plus en plus large. De la fenêtre je regarde l'arbre au pied duquel est posée la porte. 

Je traverse car c'est irresistible.

 

 

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Les bottes oubliées se tordent de rire. Les chausettes s'évaporent.

Derrière moi, les murs du logis disparaissent et je suis fleur, herbe, écorce, pierre, ou cette goutte qui s'accroche un instant sur le dos de l'insecte. Chaque goutte.

Les corolles écoutent, la terre aspire. 

Les tambours passent comme une tribu dansante et j'appartiens à ce lieu et à cette lumière. Entre les herbes des vasques se remplissent et de fines rivières courent et se faufilent. Je peux voir, sentir et être. 

Sur la route un jour j'ai gagné le ciel et la cîme des arbres, tel un oiseau je pouvais circuler entre les branches en glissant sur le vent.

Le temps n'existe pas ces moments là. Il n'y a rien à saisir, juste être la goutte qui tombe et se répand, le léger tapotement  comme un battement de cil, de coeur, qui insuffle la vie entre vos doigts dans la terre et vos paupières lourdes, telles des feuilles tournées vers la lumière.

Ecoute la pluie, elle traverse.