Causerie et plus...

La fête se poursuit maintenant à l'extérieur. Tout en descendant les marches qui mènent au jardin, se forment de petits groupes de conversation de stade 1, celui des banalités, usages et politesses.

Je peux voir  les robes et costumes se rapprocher, les voix cesser de se chevaucher et entamer des conversations de stade 2. Voilà: chacun tate un peu les contours de l'espace culturel et social de l'autre avant de s'y inviter.

Il y a ce type qui garde ses distances. Bien malin il a son appareil photo entre lui et les autres. Il les atteint grâce à ce jeu de miroir et de vitres.

Certains changent l'inclinaison de leur tête, leur regard frôle l'objectif, et cette attention à leur égard est comme une caresse  à leur image.  

Cette fille là-bas entre dans ses rêves et c'est comme ci elle voyait ce petit monde de l'extérieur.

J'ai ralenti le pas quand ils sont tous sortis, leur peau attirée par la brise de chaleur. Le dos collé au mur j'inspire, ils s'éloignent, puis je gagne le petit salon vieillot et douillet, afin de m'abandonner à la mollesse.

Derrière les oreilles du fauteuil profond, je peux entendre sans être vue le brouhaha de leurs éclats de vie. C'est confortable, je suis la paix.

Je remonte mes pieds, et disparais.

Une ombre coule sur le mur puis le rideau.

Qui va là? 

Voilà qu'il s'asseoit dans l'autre fauteuil à écoutilles, l'indiscret.

Je sens que je deviens rouge de subterfuge, ou serait ce cette lampe qui m'écarlate? 

 

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Le plafond s'est ouvert, un boulevard de sentiments tombe du ciel et me bouscule.

Quelque chose advient. Pas un bruit, pas de causerie. 

Confiture.