Quelques feuilles et de l'eau

Mes pieds sur le sable s'enfoncent de moins en moins, je le sens.

Les icebergs étaient une quête dont je ne puis parler, aujourd'hui un rêve éveillé.

Pris dans l'illusion d'être utile dans ce travail défait de la main de l'homme.

Que j'ai aimé cet artisanat, partir avec mon raffiot, reliés à la terre par les ondes de la radio, le thé de mon aimée dans la boîte hermétique.

Ces plantes choisies, arrachées à la terre par ses doigts, et la vapeur dans laquelle ,les folles nuits, ondulait son corps dépourvu de contour.

Dans la nuit, sur la mer, la cabine est un donjon.

Electrisé par le danger, le sommeil s'effrite. A l'assaut je guerroie, bâtissant des empires dans les vagues, dans un monde où ciel et eau ne font plus qu'un.

L'horizon est englouti. Dans mon bâteau je deviens goutte.

 

Mon âme échouée est un livre d'embruns,

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iI raconte ce que j'ai vu: les monstres marins, les animaux solidaires.

Aujourd'hui, comme avant, un monde s'éloigne quand un autre se rapproche.

Alors que je me désagrège, les souvenirs resurgissent: le parfum de la mer, déchaînée comme une amante, l'odeur du cambouis et de mes doigts gelés.

Et les senteurs romanesques du thé de mon aimée qui reliait les deux mondes.

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